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Librairie Gaïa
Tous droits réservés
Dernière modif. : 11/07/2010
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bibliographiques
Pauvreté, misère
& exclusion
Hiver 1954 - Hiver 2004, 50 ans après l'appel de l'abbé Pierre, malheureusement
toujours d'actualité, un nombre important
d'ouvrages sur la pauvreté viennent de paraître pendant ce mois de janvier
2004.
Est-ce un hasard lié à cet anniversaire, ou bien la misère est-elle plus
vivace que jamais ? Vous verrez dans ces livres des analyses et des
témoignages qui mettent en lumière cette grande pauvreté que l'on trouve
encore en bas
de sa rue...
- Anne Carpentier : "Précis
de révolte élémentaire" - Albin Michel
- Patrick Cingolani : "Sans
visages. L'impossible regard sur le pauvre." Ed. Bayard
- Jérôme Cordelier : "Manifeste
contre la pauvreté" Oh! Editions
- Barbara Ehrenreich : "L'Amérique
pauvre, Comment ne pas survivre en travaillant" - Ed. Grasset
- Jean-Louis Fournier : "Les
mots des riches, les mots des pauvres" - Anne Carrière
- André Gueslin : "Les
gens de rien. Une histoire de la grande pauvreté dans la France du XXè
siècle." - Ed. Fayard
- Jacques Guillou, L.
Moreau de Bellaing : "Figures de l'exclusion. Parcours de Sans
Domicile Fixe" - Ed. Harmattan
- Thomas Lebègue, Abdel
Mabrouki : "Génération précaire" - Ed. Cherche-Midi
- Philippe Moati : "Nouvelle
économie, nouvelles exclusions ?" Ed. de l'Aube
- Jean-Noël Pelen : "Résistances
à l'exclusion. Récits de soi et du Monde" - Université de
Provence
- André Roumieux : "L'abbé
Pierre et les Compagnons d'Emmaüs" - Pr. du Châtelet

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Anne Carpentier :
"Précis
de révolte élémentaire" - Albin Michel |
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"
Ce que j'appelle la "taxe sur la misère ajoutée", c'est la
double peine financière qui vient frapper l'homme déjà à terre : tu
viens de perdre ton emploi, tiens, prends-toi ça dans les dents ! "Ça",
c'est quoi ? Les pénalités qui vont te tomber sur le dos parce que tu ne
peux plus payer les mensualités de ton crédit. C'est quoi encore ? Ben,
l'huissier qui va débarquer pour en rajouter une couche. Parce que ce n'était
pas suffisant, les pénalités. C'est tellement mieux avec les "frais
d'huissier", cet étrange facteur judiciaire venu t'expliquer,
sommation à l'appui, que cela va te coûter très cher de ne plus pouvoir
payer ! Face à ce douloureux massacre, on a le choix : ou bien les
hululements incantatoires, ou bien la malice. J'avoue que je préfère la
deuxième solution, d'autant qu'avec un peu d'astuce, il existe des moyens
très David de niquer Goliath, des recettes fabuleuses pour faire tourner
en bourrique les puissants et dépatouiller les copains. "
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Un
livre sur la pauvreté... Entre ces enfants effarés pétris de froid et
de faim rongés de vermine au XVIIIè siècle et le délaissé des métropoles
modernes, entre la fille simple sur laquelle se penche le philosophe au
XIXe et le démuni du XXIè siècle écrivant sa dernière lettre, entre
la quotidienneté silencieuse de chômeurs trahis et l'intimité écorchée
de l'alcoolique, la pauvreté insiste scandaleuse en ne suscitant d'abord
qu'un léger tremblement de nos évidences. On trouvera ici quatre
tentatives d'écriture pour approcher singulièrement la souffrance des
humbles et la violence qui leur est faite. Souffrances et violences tues
que, chacun à notre manière, historienne, écrivain, sociologues, nous
avons cherché à dire, non, parce que nous en serions les porte-parole,
mais parce que nous avons pensé qu'elles désignaient des échecs, des dénis,
des contradictions qui sont du ressort et de la responsabilité de tous -
autrement dit collective.
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Il
y a cinquante ans, j'ai lancé un appel. Après des morts de trop. En
l'improvisant dans l'émotion et l'indignation de l'urgence. Je ne pensais
pas qu'il aurait tant d'échos en France et dans le monde. Aujourd'hui
c'est le mouvement Emmaüs qui vous appelle avec moi à vous mobiliser ?
Puisse ce livre vous aider à voir et à comprendre pour agir. J'y
retrouve ce qui m 'anime depuis toujours. Continuons d'être contagieux.
Partageons les raisons de vivre. Répondez autant que vous le pourrez à
ce nouvel appel au secours. Abbé Pierre
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Barbara Ehrenreich :
"L'Amérique
pauvre, Comment ne pas survivre en travaillant" - Ed. Grasset |
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"
L'idée qui a conduit à l'écriture de ce livre a germé ainsi le
directeur du magazine Harper's m'avait invitée à déjeuner. Je lui
soumettais quelques-unes de mes idées concernant l'état de la culture
populaire, quand la conversation dériva sur un thème qui me tient à cœur
: la pauvreté. Comment peut-on vivre avec le salaire alloué à la
main-d'œuvre non qualifiée ? Et j'ai dit alors une chose que j'ai eu
l'occasion de regretter plusieurs fois depuis : "Quelqu'un devrait se
lancer dans un grand reportage comme on en faisait autrefois, vous savez -
y aller et voir ce que c'est de ses propres yeux. " Il m'adressa un
sourire un peu bizarre et mit fin à la vie telle que je la connaissais,
avec un simple "Oui, vous". " Serveuse à Key West
(Floride), femme de ménage la semaine et aide-soignante dans une maison
de retraite le week-end à Portland (Maine), vendeuse dans un supermarché
à Minneapolis (Minnesota) : voilà notre intellectuelle propulsée durant
plus d'une année dans l'Amérique des " working poors ". Ce
livre est son reportage sur le front des nouveaux esclaves de l'Oncle Sam.
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L'été,
le jardin de Monsieur Riche sent la rose, celui de Monsieur Pauvre sent la
merguez et la sardine. A l'église, les riches sont devant, les pauvres
derrière. A la guerre, c'est le contraire. Quand Madame Riche a des
flatulences, Madame Pauvre pète. Quand Monsieur Riche chasse le lion,
Monsieur Pauvre chasse les mouches. Madame Pauvre s'interroge: Pourquoi on
dit toujours pauvre con, jamais riche con? Ecrit par un ancien pauvre, cet
ouvrage de sociologie légère rappelle, fort à propos, qu'il vaut mieux
être riche et bien portant que pauvre et malade.
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André Gueslin :
"Les
gens de rien. Une histoire de la grande pauvreté dans la France du XXè
siècle." - Ed. Fayard |
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Une
exploration de la grande pauvreté du XXe siècle permet de rendre
compte de constantes et d'évolutions. Le progrès économique et
social comme les thérapeutiques de lutte ont fait régresser
certaines pathologies. La vieillesse comme l'infirmité ne sont plus
synonymes de chute automatique dans la trappe de la grande pauvreté.
Le chômage est mieux indemnisé et la perte de l'emploi n'implique
plus une pauvreté quasi automatique. Il faut cependant nuancer
fortement le propos. Dans tous les pays où le chômage progresse,
la France en premier lieu, la nécessité de secours augmente corrélativement.
Le chômage fabrique bien de la misère et l'on n'est pas surpris
que l'irruption de ce fléau ait provoqué l'apparition de la thématique
de l'exclusion. Si les pauvres ne meurent plus de faim, ils
continuent à mourir de froid dans les rues ou même, comme au cours
de l'été 2003, de chaleur excessive. Le paysage de la pauvreté se
renouvelle. La disparition des vieillards des routes du vagabondage
a fait place à l'irruption de jeunes qui ne réussissent pas à
s'intégrer. Le drame de familles monoparentales reste présent.
L'immigration, notamment dans ses formes extrêmes avec la montée
des sans-papiers, engendre toujours la pauvreté. On le voit, ce
monde comporte une multitude de catégories qu'il est bien difficile
d'agréger sur le plan social et le plan culturel. Dans une société
où le travail reste une valeur centrale et le fondement d'un
revenu, on est amené à en déduire qu'il y aura toujours des
pauvres, dans la mesure où il existera toujours des personnes
inaptes au travail du point de vue psychologique. A cet égard, les
mentalités ne sont pas prêtes à tolérer cette masse de "
gens de rien " perçus comme " inutiles au monde ".
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Jacques
Guillou, L.
Moreau de Bellaing : "Figures de l'exclusion. Parcours de Sans
Domicile Fixe" - Ed. Harmattan |
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Les
SDF offrent à la société où ils sont, la nôtre, les figures de leur
exclusion : la sortie de la famille et du travail, la délinquance, éventuellement
des pathologies, le vagabondage, etc... Mais ces figures, dans leur cas,
ne se figent pas, elles sont prises dans des parcours : un jeune SDF va,
par exemple, de sa famille au Foyer d'Hébergement, un vagabond erre à la
ville, à la campagne, à l'étranger. Ce sont ces figures et ces parcours
que ce livre s'efforce de faire connaître, de " lever " comme
le peintre avec ses esquisses. Figures et parcours sont indispensables à
repérer, pour jauger la misère des SDF, approfondir leur vécu,
notamment du point de vue des sentiments et des affects. Mais, plus
largement, il s'agit d'ouvrir à une réflexion sur la condition d'exclu
aujourd'hui, en apportant ici, sur les SDF, matériaux et interprétations
renouvelées.
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Thomas
Lebègue, Abdel
Mabrouki : "Génération précaire" - Ed. Cherche-Midi |
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Statuts
précaires, management agressif et bas salaires : ça se passe comme ça
chez McDonald's... et chez Pizza Hut. Des conditions de travail
inadmissibles qui ont provoqué la première grande grève de la
restauration rapide au McDo Saint-Germain en décembre 2000, le premier
conflit d'une longue série. À la tête de ces " hamburgrèves
"? Abdel Mabrouki, 31 ans, employé à Pizza Hut depuis 1993. Un
exploit dans un secteur où les salariés ne font guère de vieux os.
Abdel a décidé de tenir bon - malgré plusieurs tentatives de
licenciement - parce qu'il a envie de faire bouger les choses. Et quand la
direction décide de punir Abdel, jusque-là livreur, en l'affectant à la
plonge, il est ravi! Le coin vaisselle constitue un poste d'observation idéal
pour recueillir les doléances des uns et des autres. Absolument parfait
pour la formation accélérée d'un jeune délégué syndical révolté
par le non-respect de la législation du travail : uniformes inadaptés,
horaires flexibles et accidents de la route non déclarés, etc. Mais la
vie quotidienne d'un syndicaliste n'est pas non plus de tout repos face à
la direction d'un syndicat historique parfois déconnecté de la réalité
professionnelle de ces nouveaux précaires. Avec ironie et insolence,
Abdel Mabrouki décrit l'envers du décor d'une multinationale de la
restauration rapide pour dénoncer un type de management qui, à l'heure
de la mondialisation, menace tous les secteurs du marché de l'emploi. Son
récit, ponctué de mille et une anecdotes édifiantes et souvent drôles,
est le premier témoignage de la génération précaire.
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Philippe Moati :
"Nouvelle
économie, nouvelles exclusions ?" Ed. de l'Aube |
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On
a cru, à la faveur de l'euphorie collective autour de l'Internet, que
l'avènement d'une " nouvelle économie " ouvrirait une ère
nouvelle de croissance et de prospérité. Puis l'éclatement de la bulle
spéculative nous a lourdement détrompés : les inégalités demeurent et
le chômage repart à la hausse. Pourtant, le capitalisme est réellement
engagé dans une mutation profonde avec le basculement des économies
industrielles vers une économie fondée sur la connaissance. Le
changement de régime de croissance nous invite à réviser nos
conceptions de l'exclusion qui ont été forgées dans un contexte de
crise du modèle fordien. La principale menace que la " nouvelle économie
" fait peser sur la cohésion sociale ne réside sans doute pas tant
dans le risque d'une fracture numérique, laquelle semble au demeurant en
voie de résorption. Les transformations des modes d'organisation des
entreprises, et leurs conséquences sur l'emploi et le marché du travail,
sont des facteurs beaucoup plus profonds de dualisation de la société
entre ceux qui participent activement au fonctionnement du système et en
tirent des bénéfice et les autres, " surnuméraires ", exclus
ou cantonnés à la périphérie du système. Ce risque de dualisation se
retrouve à l'échelle des territoires. En particulier, la spécialisation
internationale et les nouveaux cadres de régulation mondiale conduisent
au risque d'une marginalisation des pays en développement, incapables de
trouver leur place dans la nouvelle géographie du savoir. Sur ces
questions décisives, ce livre devrait faire date.
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Jean-Noël Pelen
: "Résistances
à l'exclusion. Récits de soi et du Monde" - Université de
Provence |
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Entre
Marseille et la vallée rurale du Tarn, onze témoins en situation
d'exclusion ou de grande marginalité ont été rencontrés par Béatrice
Mésini et Jean-Noël Pelen. Ils racontent leur vie, leur positionnement
au monde, leurs questions, leur quête, à travers d'amples récits dont
de larges extraits sont ici restitués. Leur trajet narratif singularise
leurs expériences et leurs savoirs propres. Réunissant ces récits en
faisceau, les auteurs, venant de disciplines différentes, les éclairent
ensuite dans la complémentarité des regards.
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André Roumieux :
"L'abbé
Pierre et les Compagnons d'Emmaüs" - Pr. du Châtelet |
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"
Mes amis au secours !... Vous pouvez tous aider les sans-logis... Le 1er février
1954, alors qu'un froid meurtrier sévit sur Paris, un prêtre de quarante
et un ans, ancien député démocrate chrétien, lance un message poignant
sur les ondes. Ce n'est pas un appel à la charité, mais à l'"
insurrection de la bonté ". Un cri de révolte qui, du jour au
lendemain, émeut tous les Français. Une " explosion de volonté
populaire ". Au lendemain de cet appel, André Roumieux, jeune
infirmier psychiatrique, se rend pour la première fois à la communauté
de Neuilly-sur-Marne. Cinq ans plus tôt, avec l'aide d'un ancien repris
de justice, le nouveau " monsieur Vincent " a fondé le
mouvement des Chiffonniers d'Emmaüs. Sa méthode : la récupération des
objets au rebut. Son mot d'ordre : " Servir premier le plus
souffrant. " Son credo : la solidarité plutôt que la pitié. André
Roumieux est resté fidèle à Emmaüs. Son livre est l'histoire d'une vie
entière vouée au service des plus démunis : celle d'Henry Grouès,
devenu Abbé Pierre dans la Résistance. Une vie racontée ici par ses
compagnons, responsables et amis, ces hommes et ces femmes qui, depuis un
demi-siècle, perpétuent cette aventure d'amour.
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